Témoignage de Marie-Françoise BREU (membre de l'association AMDS)

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Amandine LAVAL : 

Vous avez été implanté, pouvez-vous me dire votre situation avant votre situation actuelle ?

Marie-Françoise BREU :

Donc moi je ne suis pas née sourde, je suis devenue sourde progressivement. En fait, à l'âge de 11 ans , on s'est apperçu que par exemple les cours , je ne suivais pas toujours très bien. Alors en cours de latin, je suivais très bien , les cours de français là où on était plus nombreux : je suivais moins bien. Et donc, on s'est apperçu que j'avais une perte auditive. Elle n'était pas importante à l'époque : elle était de 30%. Mais malheureusement elle a augmenté, cette perte auditive, d'années en années et puis surtout à la naissance de mon fils, j'ai quasiment tout perdu. Donc, je suis devenue sourde progressivement.

Entre temps, j'ai été appareillée, de différentes manières. J'ai suivi l'évolution des prothèses auditives, c'est-à-dire les améliorations, j'en profitais mais, est venu un temps où les prothèses ne m'apportaient plus rien. En faite, ma surdité n'était pas corrigible entre guillemets (rire) par mes prothèses auditives. Il fallait autre chose, une autre solution. J'ai entendu parlé de l'implant cocléaire.

Je suis allée voir l'hôpital. A un moment donné, on m'a dit que ce n'était pas encore pour moi. Je suis revenue quelques années plus tard. Bien sur, ma surdité avait encore évolué. Et c'est là qu'on m'a proposé un implant. Donc, j'ai commencé par l'oreille droite et ça a été la révolution. (rire) C'était un changement complet : dans mes habitudes, dans ma vie quotidienne , dans ma vie familiale et professionnelle.

Je retrouvais l'audition ; ça a été très difficile  parce que,  "un implant" , c'est pas un appareil qu'on met sur une oreille. Il faut réapprendre au cerveau ; il faut rééduquer le cerveau ; il faut lui réapprendre, le forcer à écouter et à interpréter chacun des sons qu'il entend.

Au bout d'un moment, j'arrivais à peu près à comprendre ce que j'entendais ; mais la voix ça a été super super long. Ca a été surtout la mienne quand j'ai été implanté , je ne reconnaissais pas ma voix. Je ne comprenais pas ce que je disais. Et donc la rééducation a été costaud . Il fallait perséverer mais bon, j'étais très motivée , je voulais y arriver. Je me suis entraînée toute seule et puis, j'y suis arrivée , et puis bon maintenant j'ai fini par oublier l'implant. Si bien que quand on m'a proposé le deuxième , j'ai dit "oui" tout de suite, parce que , on nous donne toujours un temps de réflexion car c'est une grosse intervention quand même. très importante. On ... comment dire , on implante dans l'oreille interne les électrodes qui sont connectés et qui sont pilotés grâce à un protecteur pour vous montrer ; c'est un appareil qui ressemble à un appareil classique à part qu'il utilise pas du tout le tympan comme une personne appareillée de manière classique. Le son ne passe plus par le circuit normal : il passe plus par le tympan, les ocellés, l'oreille interne... Il passe directement dans ce petit appareil, grâce à cette antenne qui est aimant. Cet aimant ... j'en ai un autre sous la peau , juste sous la peau . Et ensuite, l'information passe donc du processeur par l'antenne ; elle va donc dans l'antenne qui a sous la peau et ensuite elle transite vers les électrodes qui sont dans mon oreille interne , c'est-à-dire sous mon crâne (rire) qui remplace les fameuses cellules ciliées dans la coquelet et ; ensuite le son est transmis aux nerfs optiques et les nerfs optiques mènent au cerveau et le cerveau interprète : (rire) en gros, c'est comme ça que ça marche. Donc, c'est une opération quand même importante , c'est pas un truc bénin. C'est quelque chose qui demande de la réflexion mais beaucoup, beaucoup de motivation, c'est-à-dire, il faut pas se dire je vais entendre , on va me brancher , je reviens à la maison, ça cicatrice , on m'enlève les points , on me met un machin, et hop ! j'entends. Non, c'est pas du tout ça. Quand on arrive (rire), quand on vous branche , vous comprenez rien à ce que vous entendez. Vous avez des bruits qui vous arrivent de partout . C'est ... quelque chose de très fort comme expérience. Mais après, ça en vaut le coût parce que voilà, j'oublie ma malentendance ; même, c'est pour ça que je suis dans l'association : pour partager mon bonheur en fait. C'est pour aider les autres .

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