B- Handicap lié aux conflits armés

Handicap lié aux conflits armés

 

  • Le cas des guerres mondiales et le handicap facial

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gueule cassé  

Hommes blessés au visage, les gueules cassées

Le talent de Jane Poupelet au service des gueules cassées

  

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Les nouveaux types d'armements utilisés pendant la Première Guerre Mondiale (aviation,chars d'assaut , gaz toxiques, artilleries lourdes et bombes) firent des ravages parmi les soldats. A la fin de cette guerre, on déplorait presque 1 millions de morts côté français.  Six millions d'hommes revinrent du front gravement blessés. Parmi eux, on comptait environ 10 000 à 15 000 grands blessés du visage. Dans l'urgence, la chirurgie faciale fut comme une discipline autonome. Les chirurgiens faisaient ce qu'ils pouvaient , avec les moyens de l'époque. Ils rebouchaient des trous béants au milieu du visage , effectuaient des greffes de peau, reformaient un menton ou un nez lorsque cela était possible. Mais la majorité de ces soldats restaient défigurés à jamais. 

Un exemple de soins adaptés aux handicaps facial :

A Paris, en 1918, sculptrice américaine Anna Coleman Ladd ouvrit le " Studio for Portrait Mask" , un atelier des masques au service de la chirurgie réparatrice des gueules cassées de la première Guerre Mondiale , sous l'église de la Croix-Rouge. L'atelier des masques recruta deux sculpteurs de renom :  Janes Poupelet et Robert WlérickJanes Poupelet, née le 19 avril 1874 à Clauzure, décédée le 17 octobre 1932, à Talence, inhumée à Saint-Paul-Lizonne, est un sculpteur français du XXème siècle. Elle se distingua dans son engagement de plasticienne  en modelant des masques.

La fabrication des masques se déroulait ainsi : après avoir réalisé par moulage une empreinte de la face de l'homme défiguré , le sculpteur reconstituait avec du plâtre à modeler les traits du visage à partir des photos prises avant la guerre. Puis, l'atelier confiait à la maison  Christofle (une marque d'orfèvrerie fondée en 1830 par  Charles Christofle) la fabrication des prothèses en cuivre par galvanoplastie c'est-à-dire, l'application d'une couche métallique sur une matière quelconque par électrolyse (: décomposition chimique de certains corps composés en fusion ou en solution obtenue par le passage d'un courant électrique). Celle-ci était ensuite recouverte d'une peinture-émail  inaltérable et lavable qui imitait le plus précisément possible la couleur de la peau du blessé. Parfois, une barbe et une moustache étaient conçues.  Le "Studio for Portrait Mask" produisit 220  prothèses entre 1918 et 1919.  Cette méthode permit à des hommes défigurés de retourner dans la société et parfois de retrouver leur ancien travail. 

                                                                                                                                            

  • Le cas des guerres mondiales et du handicap physique
Les guerres mondiales successives, en plus d'avoir causées des handicaps fonctionnels chez les "gueules cassées"  ont aussi laissées poilus.png
derrière elles des millions d'invalides. 
Des centres de soins et rééducation sont mis en place pour les soldats gravement blessés, qui profiteront aussi aux civils. On tente grâce à des prothèses et des exercices de permettre aux mutilés de poursuivre une activité professionnelle de retour dans la vie civile.

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Photographie : de gauche à droite ; Rééeducation d'un soldat, infirmière et combattant, poilus mutilés
 
                                                                                                                                            
  • L'office national des ancients combattants et la prise en charge des victimes

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la création de la sécurité sociale apportera aux personnes handicapées le bénéfice d'un système d'assurance. Puis, en 1919, le ministère des anciens combattants met en place l'ONAC (Office national des anciens combattants et victimes de guerre), onac.jpeg chargé de deux missions : la reconnaissance du statut de grand invalide de guerre et le barème d'évaluation des handicaps subis par les victimes de guerre, ce qui détermine le montant de la pension d'invalidité. L'ONAC gère des maisons de retraite et possède des conventions avec des EHPAD (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) publics ainsi que des centres de réadaptation professionnels ouverts au invalides civils, elle a des conventions avec des centres de l' ADAPT (Association pour l'insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) ou des Ugecam (Union pour la Gestion des Établissements de l'Assurance Maladie) de la sécurité sociale pour la réadaptation. Par la suite au xxe siècle, ce sont principalement les invalides de guerre qui sont concernés, l'ONAC les prenant en charge sur la base d'un barème d'évaluation proposé par le ministère des Anciens Combattants. 

 

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      Cartes d'anciens combattants délivrées par l'ONAC 

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La réinsertion dans la vie professionnelle et sociale commence à l'hôpital, ici lors de la Première Guerre mondiale


Les conflits armés ont étés décisifs dans la manière dont la société a accueillie le handicap. En effet, les millions hommes souffrants de handicaps fonctionnels du visage ou revenant invalides du front ont dus êtres pris en charges par l'Etat et la société. Les conflits ont fait évolués les mentalités car bien souvent on se disait que le handicap ne touchait que les autres, or de nombreuses familles ont dus à la suite des guerres, assumer des personnes handicapées. De plus, la reconnaissance s'est faite au niveau politique notamment en développant les aides au handicap, pour réintégrer les blessés dans la vie quotidienne.

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