II) A- Histoire du handicap

Perception du handicap de l'Antiquité à nos jours

Le handicap fait partie du quotidien de la personne, quel qu'en soit la forme. Certains le vivent au jour le jour, d'autres en font la brutale expérience ou d'autres encore y succombent avec l'âge et enfin certains  le vivent indirectement, dans leur entourage.
Le handicap est souvent vécu dans une acceptation passive. Ce qui a changé, c'est le regard qu'on porte sur lui.
Il est très important de situer le handicap dans l’évolution sociale et culturelle de notre société. Le vocabulaire, est révélateur du regard d’une société sur la différence, de « l’anormal » à « la personne en situation de handicap », La lecture historique des regards portés sur le handicap, le difforme, le « monstre » sont autant d’indicateurs sur la capacité à intégrer ou, à exclure les personnes considérées comme différentes.

Autrefois, on nommait les handicapés d'après le genre d'infirmité dont ils souffraient, en donnant parfois à cette dénomination une valeur péjorative (estropié, fou, demi-portion, incapable) ou en employant des termes plus généraux (pauvre, malade, nécessiteux).

Ainsi, dès l’Antiquité, naître différent n’était pas accepté ; dans une société où les hommes devaient êtres aptes à faire de bons soldats, les mal formés étaient souvent tués à la naissance, les autres étaient exclus, considérés comme impurs. Durant toute l’Antiquité occidentale, le handicap est synonyme de faute. La difformité est le signe de la colère des Dieux à l’égard des hommes. Pour se protéger, une solution : le rejet, l’abandon, afin que les dieux reprennent la vie de ceux qui ont subit leur courroux.

Au Moyen Age, on attribuait parfois au diable ou à d'autres puissances surnaturelles certaines formes de handicap. Cependant, le handicap est perçu comme une épreuve divine; Les infirmes ne cessaient d'étonner leur entourage par les capacités dont ils faisaient preuve malgré leur handicap ou peut-être grâce à lui: écrivains sans bras, musiciens aveugles ou peintres sourds-muets. Au Moyen Âge, dans les villes, la répartition du travail permettait généralement aux infirmes, aux impotents surtout, de gagner leur vie en pratiquant certaines professions artisanales. Cependant, de tout temps, la majorité des handicapés fut à la charge de la collectivité. Au Moyen Age, l'église et sa doctrine de l'aumône attribuaient aux mendiants handicapés une place dans la société en tant qu'objets de la charité chrétienne. S'ils étaient bourgeois ou au moins habitants de la ville et si la cause de leur infirmité ne résultait pas de mutilation en guise de châtiment, (peine infligée surtout à la fin du Moyen Âge), ils pouvaient obtenir une modeste rente. Mais les plus nombreux étaient des mendiants itinérants, marginaux voués à un sort indigne et misérable. Pour survivre, ils s'exhibaient dans les foires, divertissaient les cours comme fous du roi, recouraient à toutes sortes de ruses ou suscitaient la pitié en montrant leurs infirmités devant les églises. Au Moyen Âge, les handicapés avaient un droit officiellement reconnu à l'aumône, parfois concrétisé par une "lettre de mendicité". 


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Dès le XVIe siècle toutefois, les autorités tentèrent d'interdire celle-ci. Cependant, les efforts pour vider les rues des mendiants, même infirmes, en les incitant à travailler, en les enfermant dans les hôpitaux ou en les renvoyant dans leur commune pour y recevoir un modique soutien, eurent peu de succès: la mendicité resta, pour de nombreux handicapés, le seul moyen de survivre.
C'était en premier lieu à la parenté qu'incombait la prise en charge des handicapés et à elle de payer les frais quand ils étaient placés dans un hôpital . Si les parents ne pouvaient faire leur devoir, cette charge revenait aux communes, car il était de règle, à la fin du Moyen Âge déjà, qu'elles subviennent aux besoins des indigents (Assistance). Les prestations différaient de l'une à l'autre, mais se limitaient généralement à  la distribution de repas , de vivres ou à l'attribution d'un lit dans un hôpital

                                                                                              Les mendiants, 1568, Pieter Bruegel l'Ancien

                                                 

Du XVII ème au XIX ème siècle, l’infirmité et l’ensemble des maladies mentales  sont toujours considérés comme une fatalité divine car les soins sont inefficaces. Socialement, les handicapés se retrouvent souvent dans une situation d’enfermement et d’abandon. Certains sont réhabilités par le travail mais dans l’ensemble, ils sont placés dans des hospices, des hôpitaux généraux et psychiatriques ou étaient pris en charge par les sœurs de la charité.

● Il faudra attendre le XVIIIème siècle et le temps des Lumières pour appréhender une conception  soustraite à toute dimension 250px-diderotletterblind.jpgreligieuse et débarrassée de l’approche caritative.
Les Lumières posent le principe de l’égalité entre les hommes, parce qu’ils sont hommes et qu’ils ont de ce fait les mêmes droits. Diderot ouvre les yeux de ses contemporains sur la situation des aveugles. Cette lettre ( Lettre sur les aveugles, à l'usage de ceux qui voient
), trop en avance sur son temps lui vaudra de nombreux soucis, procès et emprisonnement. 

Son approche ouvre la voix à d’autres qui par leurs écrits et leur pratique vont tenter de donner accès aux personnes souffrant d’un handicap de prendre leur place dans la société, d’y participer, de pouvoir accéder au savoir, à la culture.
L’Abbé de l’Épée pour les sourds, Valentin Haüy et son brillant élève Louis Braille pour les aveugles vont y contribuer à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècle.

 

 "L’unité pure et simple est un symbole trop vague et trop général pour nous. Nos sens nous ramènent à des signes plus analogues à l’étendue de notre esprit et à la conformation de nos organes. Nous avons même fait en sorte que ces signes pussent être communs entre nous, et qu’ils servissent, pour ainsi dire, d’entrepôt au commerce mutuel de nos idées. Nous en avons institué pour les yeux, ce sont les caractères ; pour l’oreille, ce sont les sons articulés ; mais nous n’en n’avons aucun pour le toucher, quoi qu’il y ait une manière propre de parler à ce sens, et d’en obtenir des réponses. Faute de cette langue, la communication est entièrement rompue entre nous et ceux qui naissent sourds, aveugles et muets. "

 Extrait de "Lettre sur les aveugles, à l'usage de ceux qui voient", Diderot, 1749


L'industrialisation et notamment le travail des enfants, les mauvaises conditions de travail et les accidents dans les fabriques générèrent de nouvelles causes de handicaps. Parallèlement, l'idée d'une aide  en cas d'une incapacité de travailler causée par une infirmité, qui existait déjà à l'état embryonnaire dans les corporations et les confréries médiévales, joua un rôle déterminant lors de la fondation des caisses maladie, d'invalidité et de décès. Des fabriques, des corps de métiers ou des quartiers allaient soutenir financièrement, parfois pendant toute leur vie, leurs membres devenus infirmes.


● Au XX, grâce aux progrès scientifiques, on finit par admettre, que le handicap n'a aucun lien avec le divin. Cependant le traitement qu’on lui réserve n’évolue pas : toujours marginalisés, les handicapés sont cloîtrés dans des hôpitaux et peu d’entre eux trouvent un travail. La montée du fascisme en Europe entraîne une régression dans la perception du handicap ; ainsi il est de nouveau perçu comme une impureté de la race et la politique mise en place entraîne des euthanasies de masse. Onn préconisa également de stériliser les handicapés mentaux ou psychiques, sous prétexte d'eugénisme c'est à dire l’ensemble des méthodes et pratiques visant à transformer le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé.

En France à la même époque, de nombreux handicapés meurent par abandon de soins ( 40 000 morts).

Il faudra attendre les guerres et leurs cortèges de « gueules cassées » pour voir évoluer les choses, et voir la société se préoccuper de ceux qui sont dépendants ou handicapés.

La législation des années 1920 et de 1957 prévoit des dispositions pour les infirmes de guerre, et c’est dans ce cadre que les personnes handicapées tentent de trouver des réponses à leurs besoins.

Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle que le terme de handicapé (ou "personne en situation de handicap") s'impose pour désigner des personnes atteintes dans leurs capacités physiques, sensorielles, intellectuelles ou psychiques.

 ll faut attendre 1975, pour qu’enfin une loi pose un certain nombre de droits pour les personnes handicapées.handiscol-img.jpg La loi de 75 fait écho aux initiatives prises par certaines associations pour prendre en charge les personnes handicapées, pour être le relais de la solidarité privée. L’Etat et la puissance publique reconnaissent avoir des obligations en termes de prise en charge.
La grande avancée de cette loi fut de poser le principe du droit à l’intégration scolaire. Cette affirmation ne suffit pas à aboutir à une mise en place réelle de cette intégration, et les décrets de 82 et 83, le programme handiscol - scolarisation des élèves handicapés, dégageront des moyens, définiront des priorités, réaffirmeront des principes, mais pour le moment n’ont pas permis à tous les élèves qui le peuvent de pouvoir être inscrits au sein de l’Education nationale. 


A l’heure actuelle, le handicap est enfin reconnu, il peut provenir d’origine génétique, biologique, sociale ou psychologique. Leallocation-pour-adulte-handicape-aah-80.jpg  traitement social s’est grandement amélioré notamment grâce à une prise en charge sociale et juridique, des compensations financières,AAH (allocation pour adulte handicapé), une protection juridique, des curatelles/tutelles, CAT (centre d'aide par le travail), des emplois réservés ainsi qu’un accès à la citoyenneté et le droit à la différence, le travail communautaire et une intégration sociale et scolaire.

Du point de vue médical, il est intéressant de noter une progression quant à la prise en charge et les soins ; Il existe aujourd’hui des établissements spécialisés mais la plupart des handicapés peuvent mener une vie à leur domicile ou en société grâce à des objets de soins modernes et adaptés pour la vie quotidienne, ils sont suivis par des professionnels de santé et le soutien familial, des pairs, des associations, l’accessibilité plus importantes dans les lieux publics, leur permettent de mieux vivre leur handicap.


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Commentaires (2)

1. Vanessa 11/06/2015

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