Quelles sont les discriminations encore présentes dans la société ?

En France, le constat au niveau des discriminations liées au handicap est sévère. Par discriminer, on entend trier et rejeter en se basant sur des critères non-objectifs; en effet, le handicap est défini comme la première cause de discrimination nationale. photo-handicap.jpgQu'elle se manifeste au niveau scolaire, professionnel ou dans la vie de tous les jours, elle est bien présente et nombreuses sont les personnes qui peuvent en témoigner. Des exemples trouvés sur Internet ou encore dans les médias nous laissent penser que la discrimination du handicap reste encore bien présente et que les lois ne sont pas toute appliquées en pratique.

C'est notamment le cas de Katy, 28 ans qui s'est retrouvée paralysée à la suite d'un accident de voiture. Après de brillantes études dans le milieu du tourisme, elle à obtenu son diplôme de réceptionniste avec succès. Malheureusement, elle n'a pas trouvé de travail . Elle raconte « Je me suis battue pour faire mes études .Mais après avoir entendu à plusieurs reprises que la vue d’un fauteuil roulant n’est pas acceptable pour la clientèle, j’ai abandonné l’idée de travailler dans ce métier »  Maintenant, elle est bénévole et mène des actions de sensibilisation .

D'autres comme Fabienne, 39 ans ont aussi étés la cible de mise à l'écart et d'insultes. Cette femme, atteinte d'un handicap léger et marchant avec une canne travaillait à l'ANPE. Elle raconte comment elle à vu ses conditions de travail se détériorer « je me suis vue retirer progressivement la plupart de mes responsabilités, relations avec les demandeurs d'emplois et avec la clientèle de l'entreprise. Tout dossier que je réussissais m'était retiré et partagé entre mes collègues, jusqu'à ce qu'il ne me reste plus rien. Les formations ne m'étaient accordées qu'après intervention du médecin du travail. L'ambiance même était détestable, on me traitait de « grande tordue », « aphasique », « inutile » etc... Cette situation à conduit Fabienne à ne pas se faire soigner convenablement afin de ne pas subir les conséquences d'une absence. Aujourd'hui, son handicap s'est aggravé et elle à fait le choix de porter plainte contre son employeur pour discrimination.

Certaines personnes en situation de handicap se retrouve dans des situations qui peuvent paraître au yeux de bons nombres de personnes, incroyables mais qui malheureusement sont réelles.

C'est notamment le cas de Rachid L. dont le périple à fait les gros titres du journal « le Parisien » en Mai 2007. Voici un extrait de l'article :

«   Il a les yeux hagards.Cheveux courts, sweat orange de marque, semble perdu. Blotti contre le siège de sa voiture, son fauteuil roulant plié côté passager, il a le visage blême. Dimanche dernier, faute de taxi, il rentrait chez lui, de Paris à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), en fauteuil roulant, par l'autoroute A 4. Il a été récupéré vers minuit, entre Charenton et Maisons-Alfort (Val-de-Marne), par une équipe de CRS autoroutière qui l'a raccompagné à son domicile, à une quinzaine de kilomètres de là. 

Une histoire dévoilée dans nos colonnes vendredi et qui, c'est peut-être le plus inquiétant n'a pas étonné les associations de handicapés, qui accumulent les témoignages de discrimination dont leurs membres font l'objet. Hier matin, le jeune homme, handicapé à 27 ans après un accident de moto, nous racontait son dangereux périple à travers Paris, puis sur la A 4, dans le noir,sans précaution.
Tout commence dimanche après-midi. A bord de sa Passat bleu foncé, spécialement
équipée, il se rend à Paris pour « se balader ». Parce que dans son petit pavillon d'une copropriété à Noisy, il tourne en rond. Il dit qu'il mène une vie « difficile ». Avant son accident, il était à la tête d'une petite entreprise de gardiennage. Il s'amusait et faisait du sport. Puis le drame est survenu. Devenu paraplégique, Rachid s'ennuie. La dépression s'invite. Ses amis se font rares. Alors ce dimanche, il s'en va, comme il le fait parfois, sur les Champs-Elysées. Il se gare à proximité de la plus belle avenue du monde.

Il erre dans Paris« Je l'ai garée sur le trottoir pour descendre facilement avec le fauteuil, explique-t-il, calmement. Après une petite balade, je me suis installé dans un café près du Georges V, où j'ai bu un jus d'orange. J'y suis resté à regarder la rue passer. Tout allait bien. Jusqu'à ce que je décide de rentrer. » Il reprend longuement son souffle. « C'était en fin de journée. Ma voiture n'était plus là ! Je suis allé au commissariat me renseigner. Après vérification, on m'a dit qu'elle avait été embarquée à la fourrière de Pouchet, dans le XVIIème. Elle était mal stationnée, mais quand même... Il n'y avait pas de carte handicapé mais, avec son équipement, c'était clair. On m'a indiqué une station de taxi à proximité et je m'y suis rendu. » Puis Rachid change de ton : « Le premier chauffeur a refusé de m'embarquer. Il a dit qu'il n'avait pas de coffre assez large pour mon fauteuil. Je n'ai pas insisté. Je suis allé voir celui qui était juste derrière. Et lui m'a renvoyé vers le premier, disant qu'il était en tête de file et que c'est à lui d'assurer la course. Que faire ? C'est comme ça. J'étais considéré comme rien. » Rachid n'insiste donc pas. Enervé, sans doute, il reprend son chemin en fauteuil. La nuit tombée, il erre dans Paris, en pensant à ces refus. « J'ai roulé, roulé. Jusqu'à la place d'Italie. Là encore, j'ai essuyé un autre refus. J'ai alors décidé de rentrer par mes propres moyens. J'ai pris le même chemin que je prenais en voiture », se souvient-il. Est-il conscient du danger ? Il répond navré : « Le danger ? Oui, je sais ce que c'est. Mais c'est comme ça. Il fallait que j'assume. » Il avoue toutefois avoir éprouvé une petite frayeur à la hauteur du terrible échangeur de la porte de Bercy : « C'était dur, il faisait noir. Après, j'ai roulé sur la bande d'arrêt d'urgence sans m'arrêter jusqu'à Maisons-Alfort. » Il est près de minuit quand les CRS, avertis par des automobilistes l'ayant croisé, le retrouvent, « assez perturbé parce qu'il avait peur » de se faire renverser. « Ils pensaient que j'étais bourré, lance-t-il en riant. Je leur ai expliqué la situation et ils m'ont raccompagné. Je n'ai pas dormi de la nuit. Quand je suis allé reprendre ma voiture le lendemain, je suis reparti avec une amende... Mais je n'en veux à personne. »

Le parisien

 

L'affaire de la compagnie low-cost EasyJet, jugée pour discrimination envers des passagers handicapés à également choqué certains. Voici l'extrait publié dans le Monde.fr enles difficultés du voyage en avion 2011

La compagnie aérienne à bas coûts EasyJet comparaissait, vendredi 9 décembre, au tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir refusé l'accès d'un avion à trois personnes handicapées non accompagnées, pour des raisons de sécurité. Une peine amende de 70 000 euros a été requise à l'encontre d'EasyJet, poursuivie pour "discrimination à raison d'un handicap"Selon le procureur, Abdelkrim Grini, les "faits reprochés sont graves" car ils"portent atteinte à la dignité humaine". EasyJet met en place "une politique commerciale agressive qui consiste à compresser au maximum les coûts d'exploitation et si pour cela il faut avoir une politique discriminatoire, tant pis", s'est-il agacé.

"C'est de la discrimination totale, c'est écœurant. Ils ont tort, il faut qu'ils assument leur boulette", a souligné devant la presse Laurent Giammartini, un des trois plaignants en fauteuil roulant, qui a déjà voyagé seul dans plusieurs compagnies. Les plaignants s'étaient vu refuser l'embarquement dans un avion à l'aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle, le 12 janvier 2009, ainsi que les 9 et 19 novembre 2008.

Avec ces refus d'embarquement, la compagnie de droit britannique affirme qu'elle s'est conformée aux réglementations européenne et britannique et évoque des raisons de sécurité. "Le souci d'EasyJet est de respecter une réglementation européenne relayée en Grande-Bretagne par un 'code of practice' qui dit de refuser des passagers ne présentant pas d'autonomie", a expliqué l'avocat d'EasyJet, Me Philippe Van der Meulen, ajoutant que la compagnie n'a "jamais voulu discriminer".

"Il faut que les passagers handicapés puissent mettre eux-mêmes le masque à oxygène, le gilet de sauvetage, mettre et enlever la ceinture de sécurité, comprendre les instructions en cas d'urgence et évacuer par leurs propres moyens", a expliqué un responsable des opérations à terre d'EasyJet, interrogé par le tribunal.

De son côté, Karine Viera, 32 ans, en fauteuil roulant depuis seize ans, a tenu à rappeler qu'elle est "autonome dans son quotidien" avec "un enfant d'un an à charge", et "conduit une voiture". "Je ne vois pas en quoi je diffère des autres passagers ?", s'est-elle interrogée, avant de souhaiter que "cela ne se reproduise plus".

EasyJet, qui comparaît pour la première fois devant un tribunal correctionnel pour ce délit, doit également être jugée à Paris en mars 2012 dans une procédure similaire. Le jugement sera mis en délibéré.

Le Monde                                                                                                                                                         

"Le handicap est le deuxième critère de discrimination" article publié dans le Figaro 

INTERVIEW - Louis Schweitzer, président de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité), traite les réclamations émises sur la base de 18 critères de discriminations reconnus par la loi.
 
RÉUSSIR. - Selon le rapport 2008 de la Halde, le handicap est le deuxième critère de discrimination (21 % des réclamations), derrière l'origine (29 %). Cela vous surprend-il ? 
Louis SCHWEITZER. - Toute discrimination est liée à un préjugé. Mais contrairement aux 17 autres critères de discrimination reconnus par la loi, le handicap constitue une gêne dans le monde professionnel. Suivant le principe d'égalité des chances, il implique donc forcément des mesures de discrimination positive. Précisons que les 21 % comprennent à la fois les discriminations liées au handicap et celles liées à la santé, car la frontière entre les deux n'est pas toujours évidente, dans le cas d'une personne diabétique par exemple.

Comment évolue la discrimination liée au handicap ?
La part du handicap et de la santé dans les réclamations reste stable. Mais depuis l'installation de la Halde en 2005, le nombre global des réclamations est passé de 1 400 à 10 000

Sur l'ensemble des réclamations, 55 % des dossiers ont été rejetés pour irrecevabilité. Pour quelles raisons ?
Le mot «discrimination» a pris un sens plus général que son sens juridique strict. Dans le langage usuel, il est devenu synonyme d'injustice. Quand les réclamations se basent sur cette notion, elles ne peuvent être traitées. Dans d'autres cas, il n'est pas facile d'établir la preuve de la discrimination. Les réclamations concernant le handicap représentent 14 % des délibérations du collège de la Halde, un chiffre qui n'est pas si éloigné que cela du nombre de saisies (21 %).

Au vu des réclamations concernant le handicap, quels sont vos constats ?
Le sujet des travailleurs handicapés est souvent envisagé sous l'angle du recrutement. Mais il ne faut pas oublier le cas des salariés qui deviennent handicapés. Les sociétés ont envers eux une obligation d'aménagement de poste ou de réaffectation. Là-dessus, leur approche est souvent très formelle. Pour schématiser, certaines se bornent à envoyer une proposition par lettre, avant de procéder au licenciement.

Comment jugez-vous l'attitude des entreprises ?
Certaines ont une approche humaine, d'autres purement mécanique. Quoi qu'il en soit, il faut appliquer la loi, qui est excellente selon moi.

Le Figaro

 Graphique INSEE - La proportion de personnes déclarant avoir subi au cours de leur vie des discriminations pour des raisons liées au handicap ou à la santé diminue à partir de 55 ans

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Quelques solutions envisagées pour lutter contre le phénomène de discriminations professionnelles :

  • Mise en place du CV anonyme dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés.Ce système d'anonymat permet une égalité d'accès d'entretien à l'embauche. Avec le CV anonyme, les responsables des ressources humaines sélectionneront les candidats sur le seul critère des compétences et non plus sur des critères physiques.

  • Obligation pour les entreprises de tenir un registre des candidats à l’embauche afin de pouvoir vérifier si les embauches ne se font pas sur une base discriminatoire

  • Formation à l’égalité de traitement des personnels en contact avec la clientèle dans les entreprises de ressources humaines. Il s’agit, par exemple, pour les cabinets d’intérim et de recrutement, de former les commerciaux en contact avec la clientèle à l’argumentaire de lutte contre les discriminations.

  • Apparition des sanctions prévues en cas de discrimination dans le règlement intérieur des entreprises

  • Condamnation à payer une amende supplémentaire pour les entreprises coupables de discrimination. Cette amende supplémentaire, égale à 5 fois le montant de la peine initiale, servira à financer les projets de lutte contre les discriminations (campagnes associatives, audits des entreprises volontaires...)

  • Obligation pour les ANPE et les missions locales de signaler toutes les discriminations à l’emploi dont elles ont connaissance


    Ces exemples de discriminations prouve qu'à l'heure actuelle, les discriminations persistent envers les handicapés, en dépit des moyens d'intégration mis à leur disposition. En effet, les préjugés sont souvent nombreux et restent ancrés dans certaines mentalités, notamment quant  leur capacité de travailler et de s'intégrer ce qui empêche parfois les personnes handicapés d'accéder à emploi ou de mener une scolarité normale. L'accès aux loisirs et aux voyages peut être compromise comme le stipule l'article à propos d'EasyJet. C'est ce sentiment d'exclusion qui pousse de plus en plus souvent les handicapés à se retrouver en association où ils espèrent trouver un soutien et des solutions pour accéder aux même droits que les autres. Les mentalités ont certes, évoluées depuis de nombreuses années et relativement, les personnes handicapées sont mieux perçues dans la société. Néanmoins, bien que certains ait envie d'aider les handicapés dans leur intégration, un regard de pitié est encore majoritairement présent et contribue également à ranger les handicapés dans le moule de l'anormalité, alors que bon nombre voudraient que l'on voit au-delà de leur handicap.

Commentaires (1)

1. Vanessa 11/06/2015

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